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You will see the cat before you leave
with Jessica93
La Ferme du Buisson, Paris (FR), 29.11.2014

Photos © Émile Ouroumov & David Mozziconacci
Music © Emilie Pitoiset x Jessica93
Paroles © Emilie Pitoiset
Video editing © Clémence Diard
Special thank @ Tiphanie Dragaut














 

« You will see the cat before you leave » est conçut tel un stage-set. Les objets y gisent, comme abandonnés. Suspendus aux portants, fragments de vêtements, et lambeaux de toiles peintes semblent les vestiges d’un geste, d’une action rendue silencieuse par l’oubli. Comme toujours une fiction est à l’oeuvre : dans la tentative de rendre palpable ce geste absent, de le faire apparaître par une couche de peinture qui vient courber l’objet, le dessèche de son usage. Il devient matière, un fossile support d’une projection possible.

Que s'est-il passé ou reste à venir ?
Une perruque « en réserve d’incarnation » est activée le temps d’une performance réalisée avec le musicien Jessica93.




Texte :


Elle aurait voulu les voir, elle aurait consenti à tout voir

"Et vous, vous y croyez aux fantômes?
— Si je crois aux fantômes ? Absolument. Maintenant, absolument.

« Dès lors que l'on me demande de jouer mon propre rôle,
paradoxalement au lieu de jouer mon propre rôle, je laisse un fantôme parler à ma place »

« Est-ce que vous pourriez décrire cette scène ?

  • Oui. [Temps] Oui. »

« Avez-vous un secret ?

  • Oui, de moins en moins. »

« Qui est ce personnage ?

  • Une doublure. Un objet, personnel. »

« Où avez vous imaginé, rencontré, ou revu ce personnage ? »

[Temps]

Elle était dans son rôle, son rôle
Elle ne s’épanchait pas
Elle disait : « Qui êtes-vous ? Et vous, qui êtes-vous, vous ? »
Ce n’est pas la question qui fait qu’elle y répondra.
Peux être.

Les voix la regardent. 
Elle demande, elle demande :
« Qu’est-ce qui hante votre imaginaire ? » Réponse :
« La mémoire pure, celle qui enregistre l’intégralité de votre vie.
Celle qui ne participe pas au spectacle de la conscience. »

Elle dit aussi : « La plupart des voyages sont de faux voyages, les vrais voyages sont domestiques, intérieurs.”

Elle dit :
“Je me lève tard. Tabac du coin, approvisionnement, revue de presse, café.
Ensuite, je prends la place du chat.” Perdre son temps, cela l’occupait déjà deux, trois heures.
Elle travaillait pour elle. Elle archive ses désirs.

— Avez-vous déjà eu peur de passer pour une autre ? Elle dit :
“Tous est supportable avec un billet retour. L’amour, les rêves c’est du cinema.”

Elle s’approchait de son personnage. Elle dit :
“Pour être proche de la réalité, il faut créer de la fiction, non !?”

Elle donnait l’illusion de le faire pour la première fois, pourtant elle avait répété.
Elle regarde une personne fixement, sans bouger, les bras le long du corps.  
Elle dit :
« La jouissance vient d’un long silence tendu.»
Elle venait juste de quitter son personnage.

Personne ne se demandait si c’était bien réel, son inconscient conduisait ses actions.

La scène était à vue, son texte savait vivre sans elle.
Elle reprend, elle reprend. Son visage au clou dans le vestaire, elle dit :
«  Il y a autant d’Ophélie que de lecteur d’Ophélie, si j’ai bien compris ? »

Elle restait ancrée dans ses lignes.